Aider un proche ouvre désormais des droits à la retraite, une avancée attendue par de nombreuses familles

Aider un proche ouvre désormais des droits à la retraite, une avancée attendue par de nombreuses familles

La réforme des retraites a profondément transformé la reconnaissance du rôle des aidants en France, en introduisant un nouveau dispositif dédié à leur engagement quotidien.

Désormais, un accompagnement renforcé s’adresse à celles et ceux qui soutiennent un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un ami ou d’un voisin.

Ce nouveau droit vise à valoriser l’aide apportée, tout en offrant une meilleure protection sociale à des millions de personnes concernées. Découvrez les enjeux, les conditions et les démarches pour bénéficier de cette avancée majeure.

Contexte et nouveautés de l’assurance vieillesse des aidants (AVA)

La création de l’Assurance vieillesse des aidants (AVA) s’inscrit dans le cadre de la réforme des retraites de 2023, portée par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 et précisée par le décret n° 2023-752 du 10 août 2023.

Ce nouveau dispositif remplace l’ancienne AVPF, jugée trop restrictive, en élargissant l’accès aux droits retraite pour les aidants non professionnels. L’AVA vise à reconnaître l’engagement quotidien de millions de Français, souvent des femmes, qui soutiennent un proche en situation de dépendance, en leur permettant de valider des trimestres de retraite sans cotiser.

J’ai pu réduire mon temps de travail pour m’occuper de ma mère sans craindre de perdre des trimestres de retraite, c’est un vrai soulagement.Sandra, 39 ans, aide-soignante

Cette avancée répond à un enjeu social majeur : éviter que l’aide apportée à un proche ne pénalise durablement la carrière et la pension des aidants.

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Conditions d’éligibilité et public concerné

L’AVA s’adresse à toute personne apportant une aide régulière, à titre non professionnel, à un proche en situation de handicap (taux d’incapacité d’au moins 80 % reconnu par la MDPH) ou à une personne âgée bénéficiaire de l’APA en GIR 1 à 4.

Il n’est plus nécessaire d’avoir un lien familial ou de cohabiter avec l’aidé : amis et voisins sont désormais concernés, sous réserve d’une résidence en France pour les deux parties.

Les aidants doivent avoir réduit ou cessé leur activité professionnelle et disposer de ressources inférieures à 2 434,32 € mensuels (plafond 2024). Cette réforme élargit donc nettement le champ des bénéficiaires, couvrant de nouvelles situations auparavant exclues du dispositif.

Fonctionnement et avantages de l’AVA

Au quotidien, l’Assurance vieillesse des aidants permet de valider jusqu’à quatre trimestres de retraite par an, même en cas d’activité partielle.

Les cotisations sont intégralement prises en charge par la CAF ou la MSA, sur la base du SMIC, sans coût pour l’aidant. Ces trimestres assimilés comptent pour la durée d’assurance, ce qui limite la décote, facilite l’accès au dispositif carrière longue et au minimum contributif.

En revanche, ils n’ouvrent pas droit à une surcote. Par exemple, une aidante ayant interrompu son emploi pour accompagner un parent dépendant peut ainsi éviter une pension réduite, mais ne bénéficiera pas d’un bonus de retraite pour ces périodes.

Avantages concrets de l’Assurance vieillesse des aidants

  • Validation jusqu’à 4 trimestres par an, même en activité partielle
  • Cotisations prises en charge par la CAF ou la MSA (calculées sur SMIC)
  • Limitation de la décote sur la retraite
  • Facilitation de l’accès au minimum contributif et au dispositif carrière longue
  • Limite : pas de surcote pour ces périodes

Démarches à suivre et points de vigilance

Pour bénéficier de l’AVA, il est essentiel de procéder par étapes : commencez par évaluer précisément votre situation d’aidant et celle de la personne accompagnée, puis rassemblez tous les justificatifs nécessaires (attestations MDPH, décision d’APA, preuves de réduction d’activité).

Le dossier doit être déposé auprès de la CAF ou de la MSA, selon votre régime, ou via la MDPH si l’aidé y est suivi. Une fois l’affiliation obtenue, vérifiez chaque année sur votre relevé de carrière que les trimestres ont bien été crédités.

Attention aux oublis de pièces ou aux erreurs de déclaration, qui peuvent retarder l’ouverture des droits. Un suivi rigoureux de vos démarches administratives reste indispensable pour sécuriser votre retraite.

antoine laurent horizon retraite

Expert en planification financière, Antoine guide les lecteurs d'Horizon Retraite à travers les méandres du système de retraite français.