La réforme des retraites continue de susciter de nombreux débats et rebondissements en France. Une récente décision parlementaire vient bouleverser le calendrier et les conditions de départ pour certains assurés, soulevant de nouvelles interrogations chez les actifs proches de la retraite.
Entre ajustements temporaires, mesures ciblées et incertitudes sur l’avenir du système, les évolutions annoncées pourraient impacter des millions de personnes.
Aperçu des enjeux et des conséquences de cette suspension partielle, alors que la question des retraites reste au cœur des préoccupations sociales et politiques.
Décision de suspension partielle de la réforme des retraites
Le 12 novembre 2025, l’Assemblée nationale a voté la suspension partielle de la réforme des retraites adoptée en 2023 sous le gouvernement d’Élisabeth Borne.
Cette mesure, qui concerne principalement les générations nées entre 1964 et 1968, permet à ces assurés de bénéficier d’un gain d’un à deux trimestres sur l’âge légal de départ et la durée de cotisation requise.
Toutefois, cette suspension reste temporaire, elle gèle les nouvelles règles jusqu’au 31 décembre 2027, sans les abroger définitivement. Les générations nées à partir de 1969 ne sont pas concernées et restent soumises à l’âge légal de 64 ans et 172 trimestres de cotisation.
Une réforme à géométrie variable selon les générations
| Année de naissance | Âge de départ | Trimestres requis | Situation |
|---|---|---|---|
| 1964 – 1968 | Entre 62 ans 9 mois et 63 ans 9 mois | 170 à 172 | Suspension temporaire appliquée |
| À partir de 1969 | 64 ans | 172 | Réforme de 2023 maintenue |
Détail des générations concernées et des avantages accordés
Les personnes nées entre 1964 et 1968 profitent directement de la suspension partielle de la réforme des retraites. Selon leur année de naissance, elles voient leur âge légal de départ reculer de un à deux trimestres, et bénéficient d’une réduction équivalente sur la durée de cotisation nécessaire pour obtenir le taux plein.
Par exemple, un assuré né en 1964 pourra partir dès 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres, tandis que ceux nés en 1968 devront attendre 63 ans et 9 mois.
Jean-Marc, 61 ans, technicien dans l’industrie
En revanche, les générations nées à partir de 1969 ne bénéficient d’aucun aménagement, elles restent soumises à l’âge légal de 64 ans et à 172 trimestres de cotisation.
Nouveaux paramètres d’âge de départ et de trimestres requis
La suspension partielle de la réforme modifie les conditions de départ pour chaque génération concernée. Ainsi, les assurés nés en 1964 et au premier trimestre 1965 peuvent partir à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres, gagnant jusqu’à deux trimestres sur l’âge légal et la durée de cotisation.
Pour les générations suivantes, l’âge de départ progresse : 63 ans pour le reste de 1965 (171 trimestres), 63 ans et 3 mois pour 1966, puis 63 ans et 6 mois pour 1967, et enfin 63 ans et 9 mois pour 1968, tous avec 172 trimestres requis. À partir de 1969, les règles de la réforme de 2023 s’appliquent sans changement.
Ce débat sur la suspension de la réforme des retraites est – déjà – un débat d’un autre temps.
Un débat dépassé. Un débat du passé.
Notre système de retraite prend l’eau de toutes parts.
Ce ne sont plus les paramètres qui sont à bouger, c’est le système qui est à changer.… pic.twitter.com/7HvTBCvOXO
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) November 12, 2025
Cas particuliers, durée de la suspension et impact financier
Les dispositifs spécifiques pour les carrières longues et les catégories actives prévoient un trimestre supplémentaire de gain, applicable dès le 1er septembre 2026. Cette mesure vise les assurés ayant commencé à travailler tôt ou exerçant des métiers à risque, comme les policiers ou aides-soignants.
La suspension, effective jusqu’au 31 décembre 2027, concerne environ 3 millions de personnes. Selon les estimations gouvernementales, le coût pour les finances publiques s’élèverait à 300 millions d’euros en 2026, puis à 1,9 milliard d’euros en 2027.
Ce gel temporaire laisse en suspens l’avenir du système, en attendant d’éventuelles décisions après la prochaine présidentielle.
Focus : qui profite du trimestre supplémentaire ?
Les métiers concernés par le gain additionnel d’un trimestre sont principalement :
- Les carrières longues, débutées avant 20 ans ;
- Les professions à risque (forces de l’ordre, pompiers, aides-soignants, etc.) ;
- Les travailleurs du secteur hospitalier exerçant des tâches pénibles.


