Le Plan d’Épargne Retraite (PER) connaît un engouement sans précédent auprès des Français, porté par une dynamique impressionnante et des chiffres records.
Entre incertitudes sur l’avenir des retraites, attrait pour la fiscalité avantageuse et performances financières attractives, ce produit d’épargne s’impose comme un incontournable dans les stratégies patrimoniales.
Derrière cette croissance, de nombreux facteurs expliquent le succès du PER, mais soulèvent aussi des questions sur sa véritable finalité : simple outil d’optimisation fiscale ou solution de préparation à la retraite sur le long terme ? Décryptage d’un phénomène qui façonne l’épargne en 2025.
Une croissance record du PER en 2025
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) connaît en 2025 une progression sans précédent, confirmant son statut de produit phare de l’épargne en France. Avec 12,7 millions de titulaires et un encours total atteignant 141 milliards d’euros, le PER enregistre une hausse annuelle de 19 %, marquant ainsi son quatrième trimestre consécutif de forte croissance.
Plus d’un million de nouveaux souscripteurs ont rejoint ce dispositif en un an, séduits à la fois par ses avantages fiscaux et par la nécessité de sécuriser leur avenir face aux incertitudes sur le système de retraite.
Cette dynamique exceptionnelle illustre l’engouement inédit des Français pour ce placement, désormais incontournable dans les stratégies patrimoniales.
Répartition et dynamique des encours du PER
La répartition des encours du PER révèle une prédominance du volet individuel, qui concentre 82,4 milliards d’euros, loin devant les plans collectifs d’entreprise (31,7 milliards) et les PER obligatoires (27,1 milliards).
Cette dynamique s’accompagne d’une progression continue des versements, en hausse de 16 % sur un an pour atteindre 20,2 milliards d’euros en 2025. Les plans collectifs bénéficient notamment de l’abondement des employeurs, tandis que les dispositifs obligatoires restent plus confidentiels.
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Cette croissance soutenue, portée par l’attrait fiscal et les incertitudes sur la retraite, confirme le rôle central du PER dans la constitution d’une épargne longue et la diversification des stratégies patrimoniales des Français.
Fiscalité avantageuse et profils concernés : les moteurs du succès
L’essor du PER s’explique en grande partie par son cadre fiscal attractif, particulièrement prisé des cadres et indépendants fortement imposés. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond légal. Par exemple, un contribuable taxé à 41 % qui verse 10 000 euros sur son PER bénéficie d’une économie d’impôt immédiate de 4 100 euros.
Ce levier fiscal, conjugué à la crainte d’une retraite insuffisante et à des marchés financiers porteurs, fait du PER un outil privilégié d’optimisation patrimoniale.
Les actifs anticipant une pression fiscale élevée ou souhaitant sécuriser leur avenir sont ainsi les principaux bénéficiaires de ce dispositif.
PER : entre préparation de la retraite et optimisation fiscale
Si le PER séduit par ses avantages fiscaux à l’entrée, il n’en demeure pas moins un produit d’épargne de long terme, marqué par le blocage des fonds jusqu’à la retraite, sauf cas exceptionnels.
À la sortie, la fiscalité peut s’avérer moins avantageuse, notamment en cas de retrait en capital, soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Ce double visage interroge la finalité du PER : outil de préparation à la retraite ou instrument d’optimisation fiscale ?
Pour l’avenir, la tendance devrait se poursuivre, le PER s’imposant comme un pilier des stratégies patrimoniales, mais la question de l’équilibre entre incitation fiscale et sécurisation de la retraite restera centrale dans le débat public.


