Le débat sur la retraite des femmes revient au premier plan avec de nouvelles annonces du gouvernement. Alors que les discussions entre syndicats et exécutif restent vives, des pistes d’amélioration sont évoquées pour corriger les inégalités persistantes.
Entre promesses d’inscription au budget de la Sécurité sociale et volonté affichée de dialogue social, la question de la prise en compte des carrières féminines suscite de nombreuses attentes. Les mesures envisagées pourraient transformer le calcul des pensions et offrir de nouvelles perspectives à des millions de femmes concernées par la réforme des retraites.
Lettre du Premier ministre : une volonté affichée de renouer le dialogue social
À la veille d’une nouvelle mobilisation syndicale, Sébastien Lecornu a adressé un courrier aux organisations syndicales et patronales, affichant sa volonté de relancer le dialogue social. Dans un contexte de tensions persistantes après l’échec du « conclave » sur les retraites et la contestation de la réforme de 2023, le Premier ministre propose d’inscrire l’amélioration de la retraite des femmes au budget de la Sécurité sociale 2026.
Sébastien Lecornu annonce une “amélioration de la retraite des femmes” dans le budget de la Sécu 2026 pic.twitter.com/2ZqsnEblJG
— BFMTV (@BFMTV) October 1, 2025
Il invite également à poursuivre les discussions sur la pénibilité, l’usure professionnelle et les ruptures conventionnelles, tout en ouvrant la porte à des négociations sur cinq grands axes, dont la modernisation du modèle productif et le renforcement du paritarisme.
Des mesures concrètes pour revaloriser la retraite des femmes
Parmi les avancées issues du conclave sur les retraites, deux mesures phares visent à corriger les inégalités subies par les femmes. La première prévoit d’améliorer le calcul de la pension en retenant les 24 meilleures années pour les femmes ayant un enfant, et 23 pour celles ayant deux enfants ou plus, contre 25 actuellement. La seconde permettrait d’intégrer deux trimestres supplémentaires liés à la maternité dans le dispositif « carrière longue », facilitant ainsi un départ anticipé.
Comparatif des mesures pour les femmes selon le nombre d’enfants
| Nombre d’enfants | Années retenues pour le calcul de la pension | Trimestres maternité supplémentaires |
|---|---|---|
| 1 enfant | 24 années | 2 trimestres |
| 2 enfants ou plus | 23 années | 2 trimestres |
| Avant réforme | 25 années | Non inclus |
Chacune de ces mesures représenterait un coût estimé à 200 millions d’euros en 2030. Le gouvernement s’est engagé à inscrire ces dispositions dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Cinq axes de négociation pour refonder le dialogue social
Le gouvernement propose aux partenaires sociaux de structurer les discussions autour de cinq grands thèmes : l’avenir de la protection sociale, la transformation du modèle productif, l’amélioration des conditions de travail, le renforcement du paritarisme et du syndicalisme, ainsi que la levée des freins à l’emploi.
Les cinq axes de négociation pour le dialogue social
- Avenir de la protection sociale : garantir la pérennité et l’équité du système.
- Transformation du modèle productif : moderniser le travail et les métiers.
- Amélioration des conditions de travail : réduire pénibilité et usure professionnelle.
- Renforcement du paritarisme et du syndicalisme : impliquer salariés et employeurs dans les décisions.
- Levée des freins à l’emploi : sécuriser les parcours professionnels et les ruptures conventionnelles.
Parmi les sujets sensibles figurent la pénibilité et l’usure professionnelle, sources de désaccords persistants, ainsi que la question des ruptures conventionnelles, au cœur des débats sur la sécurisation des parcours professionnels. Cette feuille de route vise à moderniser le dialogue social et à répondre aux attentes des salariés, tout en garantissant la soutenabilité financière des réformes et le respect des engagements européens de la France.
Réactions syndicales et perspectives de dialogue
Les syndicats accueillent avec prudence la main tendue du Premier ministre. Si l’inscription de mesures en faveur des femmes dans le budget de la Sécurité sociale est saluée, la CFDT, en particulier, déplore l’absence de réponses concrètes sur la pénibilité et l’âge de départ à la retraite, pointant une « occasion manquée ».
L’intersyndicale reste mobilisée, estimant que les avancées proposées ne compensent pas l’échec du conclave et le maintien de la réforme de 2023. Malgré l’ouverture affichée par Matignon, la confiance demeure fragile. Pour que le dialogue social progresse, les syndicats réclament des engagements plus clairs et une réelle prise en compte de leurs revendications, condition essentielle à l’apaisement du climat social.


