Succession seulement 5% des Français utilisent le PER, sous exploité

Succession : seulement 5% des Français utilisent le PER, sous exploité

Le plan d’épargne retraite ou PER est un outil fiscalement avantageux. Mais pas que ! Il offre également des avantages successoraux non négligeables.

Malheureusement, il reste encore très peu connu, puisque seulement 5% des Français l’utilisent. Explications.

Le PER : un dispositif d’épargne sous exploité

La plupart des Français choisissent souvent l’assurance-vie dans le cadre de la succession. Selon une récente étude, plus de 55% des épargnants pensent que ce contrat est l’allié idéal pour la transmission de patrimoine, 19% sont, quant à eux, favorables aux investissements immobiliers et 16% optent pour les outils d’épargne comme le LEP. Le PER se trouve en dernière position puisqu’il est prisé par seulement 5% des Français. Mais, comment expliquer cette tendance ?

Contrairement au contrat d’assurance-vie qui a existé depuis plus de 3 décennies, le PER n’est disponible que depuis l’année 2019. Si le premier est bien ancré dans l’habitude des Français, ce dernier, quant à lui, manque de visibilité. Qui plus est, il est considéré comme un simple outil de préparation de la retraite.

On peut aussi ajouter à cela, sa complexité. Il est toujours préférable de se rapprocher d’un professionnel pour dénicher le PER qui répond le plus à vos objectifs de patrimoine et à vos réelles attentes.

Le PER : un outil redoutable de succession

Comme indiqué précédemment, le PER est fiscalement avantageux. En effet, si le détenteur choisit de soustraire ses versements de ses revenus imposables à l’entrée, il devra, en principe, payer l’impôt lors de la sortie. Mais, si le décès intervient avant le rachat du contrat, celui-ci est transmis au bénéficiaire que le titulaire a désigné. Par conséquent, ni les intérêts ni le capital ne sont soumis à la taxation.

Si vous décidez de conserver votre PER, même après votre retraite, la fiscalité continuera de s’appliquer. Vous avez donc la possibilité de l’alimenter pour faire gonfler l’héritage. Plus il est bien rempli, plus vous bénéficiez d’une ristourne encore plus intéressante. Sachez toutefois que la somme des versements déductibles est plafonnée à 4 399 euros pour cette année 2024.

Enfin, le PER est une bonne alternative pour protéger le conjoint survivant. Lorsque le titulaire décède, le contrat est fermé automatiquement. Pour le PER d’assurance, les montants épargnés sont versés au bénéficiaire. Et à partir de là, les règles sont similaires à celles de l’assurance-vie. Si le décès survient avant les 70 ans du souscripteur, il y aura un abattement à hauteur de 152 500 euros. Au-delà, les sommes sont imposées aux droits de succession.

Si le décès arrive après les 70 ans, l’abattement est à 30 500 euros. Or, le partenaire de Pacs et les époux sont exonérés des droits de succession. Cette approche est intéressante, notamment si l’un des couples possède plus de patrimoines que l’autre.

antoine laurent horizon retraite
Antoine Laurent

Expert en planification financière, Antoine guide les lecteurs d'Horizon Retraite à travers les méandres du système de retraite français.

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