Organisés fonctionnellement autour de deux grands services, cotisations et prestations, les salariés des caisses de retraite du groupe Berri sont avant tout des professionnels polyvalents qui doivent maîtriser la complexité administrative du domaine de la Sécurité sociale.
- Concilier impératifs de réactivité et maîtrise exhaustive des dossiers
- Traiter des données dont l’historique est hétérogène
- La sécurité sociale comme vocation à part entière
Concilier impératifs de réactivité et maîtrise exhaustive des dossiers
Les activités d’une caisse de retraite telle que la CIPAV sont logiquement réparties entre la cotisation et la prestation:
- Le suivi et l’accompagnement de la vie active de l’assuré;
- L’estimation de ses droits, la préparation du départ de la vie active, la mise en paiement des pensions…
Mais les passerelles sont nombreuses entre ces deux fonctions. Qu’il s’agisse de gérer les cotisations ou de déclencher les liquidations, les services de la CIPAV disposent en effet d’outils communs, sont en communication permanente et partagent de mêmes savoir-faire. Par exemple, pour établir une liquidation, il faut récolter les renseignements de l’année en cours, afin de projeter les droits de l’assuré. Inversement, une radiation doit pouvoir être traitée par le service cotisations comme par le service prestations.
Même si chacun est doté d’une expertise spécifique, cette polyvalence est fondamentale. Car le propre des tâches exécutées dans une caisse de retraite est qu’elles sont quotidiennement soumises à deux logiques différentes, pour ne pas dire opposées: le flux et le stock en quelque sorte.
Pour une pré-liquidation, les estimations doivent être fiables, prédictives et permettre à l’assuré de prendre une décision avec tous les éléments d’information en sa possession: il faut être exhaustif dans l’historique documentaire, faire le tour de «l’iceberg». Mais pour un relevé de carrière intermédiaire, on peut estimer rapidement les droits à pension et établir une projection: c’est un état des lieux qui ressemble davantage à un «carottage».
Traiter des données dont l’historique est hétérogène
Travailler dans une caisse de retraite requiert certaines prédispositions pour la gestion documentaire et l’archive:
- Les assurés s’adressent à leur dernière caisse pour l’ensemble de leur carrière, ce qui rend l’établissement du dossier de pré-liquidation complexe. C’est indiscutablement sur le régime de base que l’effort de gestion est le plus lourd. Pour le régime complémentaire, en effet, la CIPAV n’est pas comptable des autres régimes de retraite pour satisfaire aux demandes des assurés.
- Pour assurer sa mission, la CIPAV est donc régulièrement en relation avec toutes les autres caisses d’assurance vieillesse, que ce soit de gré à gré, en fonction des reconstitutions de carrière, ou par le biais du GIP Info-retraite, pour la consolidation des données des assurés et la production des documents d’information prévus par la loi. La seule estimation des droits d’un assuré implique la constitution d’un relevé de carrière inter-caisses. La réactivité des services de la CIPAV en la matière est d’ailleurs reconnue par les autres professionnels.
- Bien plus fastidieux sont les traitements de dossiers qui impliquent de se tourner du côté des archives non numérisées: les assurés sont alors contraints à la patience… Une opération apparemment simple peut pourtant encourir des délais de traitement imprévus. Par exemple, il arrive que le numéro de sécurité sociale d’un assuré n’est pas connu: les recherches relèvent alors d’un vrai travail de détective.
- Autre dimension, davantage relative à l’histoire même de la CIPAV: nombreux sont les assurés de la Caisse qui sont issus d’anciennes caisses qui ont fusionné avec la CIPAV: la CARGE, la CREA, la Caisse des Moniteurs de ski… Avec la reprise des régimes existant, la CIPAV hérite de tout un travail de re-création des données, ce qui explique la charge de travail importante à laquelle sont soumis les services. La mise au droit des dossiers, en fonction de l’évolution des statuts, les calculs d’adaptation d’un régime à l’autre rendent la tâche complexe et exigent un personnel doté d’une excellente expertise.
La sécurité sociale comme vocation à part entière
Le caractère précipité de certaines demandes et, bien souvent, l’inquiétude des assurés, justifient que l’on parle de «conseil retraite». Si le centre d'appels de la CIPAV se charge de répondre au premier niveau de questionnement des professionnels libéraux, les services relaient en fait nombre de dossiers jusqu’aux commissions réglementaires de la Caisse. Certaines, comme la commission des Affaires sociales ou la commission d’Inaptitude, exigent un travail important de recoupement d’information et une activité de sécurité sociale à part entière : considération de l’ensemble de la situation sociale de l’assuré, dialogue avec les caisses d’assurance maladie, négociations avec la tutelle ministérielle…
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